Pose des plafonds


Peinture des cadres, de façon sécuritaire !


Coulage des assises des latrines

Avec nos yeux de québécois, nous remarquions facilement les défauts, ce qui ne semblait pas être le cas des ouvriers. Ceux-ci ont même commencé à nous demander de vérifier leur travail, afin que nous ne les obligions pas à recommencer, comme ce fut parfois le cas. Nous ne pouvons cacher une certaine frustration face au manque de souci du détail des béninois. Nous avons parfois l’impression de faire tous ces efforts pour nous-mêmes, puisque nous semblons être les seuls à apprécier le travail bien fait.

Peinture des plafonds, méthode béninoise
Peinture des plafonds, méthode béninoise (salissante)

Les portes moustiquaires : une prévention efficace contre le paludisme
Les portes moustiquaires : une prévention efficace contre le paludisme

Élévation des murs des latrines
Élévation des murs des latrines

Malgré tout cela, les travaux ont avancé à bonne allure, et ont été terminés pour la date prévue. Nous sentions tous la fin de notre périple approcher, et notre état d’esprit a commencé à changer. Nous n’avions par contre que peu de temps pour y penser, puisque chaque minute de notre temps était occupée par les derniers détails à régler : l’ameublement du dispensaire, le nettoyage du terrain, le suivi sur la gestion du dispensaire et sur son approvisionnement en eau et en électricité.

Peinture intérieure et pose des noms de pièces
Peinture intérieure et pose des noms de pièces

Arrivée des meubles, gracieuseté de CSI Québec
Arrivée des meubles, gracieuseté de CSI Québec

Grand ménage du dispensaire : merci aux élèves du collège local !
Grand ménage du dispensaire : merci aux élèves du collège local !

Résultat final : les latrines Écosan
Résultat final : les latrines Écosan

Tant de choses à régler, et si peu de temps pour tout faire. Pardonnez donc le manque de mise à jour ces dernières semaines, et régalez-vous de ces quelques photos illustrant les derniers travaux ainsi que le résultat final : le dispensaire du MESAF, la Maison des Enfants Sainte-Famille.

Mais n’oubliez pas de continuer de lire, car suivent deux histoires intéressantes : les péripéties de Nicolas et Jean-François à la banque, et le safari du PRÉCI dans le nord du Bénin !

La population s’est déplacée lors de l’inauguration
La population s’est déplacée lors de l’inauguration

L’inauguration fut une belle journée
L’inauguration fut une belle journée

Le dispensaire avec les partenaires
Le dispensaire avec les partenaires

Toute l’équipe en compagnie de Monique, notre cuisinière
Toute l’équipe en compagnie de Monique, notre cuisinière

Les rocambolesques aventures de Nick et J-F à la banque

Avec un projet d’une telle envergure, il va sans dire que nous avons dû amasser beaucoup de fonds. Cependant, pour une raison de sécurité, nous ne pouvions transporter un tel montant en espèces. Il a donc été convenu, avec notre partenaire béninois, d’ouvrir un compte de banque une fois rendu à Savalou. Arrivés sur place le mercredi 5 septembre, Mme Aho nous informe que nous allons pouvoir nous présenter à l’ÉcoBank afin de remplir les formalités.

Jour 1 - Vendredi 7 septembre

Il faut préciser qu’à Savalou il n’existe pas une vrai ÉcoBank, c’est seulement un comptoir de service. Donc il n’y a pas d’informatique, par conséquent ils font toutes les transactions via les autres succursales de la banque à distance.

Mme Aho avait pris certains renseignements à sa première visite à Savalou. Nicolas et Jean-François étant nos trésoriers, il leur fallait chacun 2 photos de type passeport, une photocopie de leur passeport (il manquait d’encre dans le photocopieur, il a donc fallu en trouver un ailleurs), et aussi une lettre de recommandation d’un client existant de la banque ainsi qu’un montant initial minimum de 100 000 F CFA, soit environ 220$.

Dès le départ, le seul agent au « service à la clientèle » (si on peut l’appeler comme ça), nous dit que le chèque que Mme Aho nous a fait, pour le dépôt initial, n’est pas utilisable pour cette opération puisqu’il vient d’une autre banque. Après insistance de notre part, il accepte finalement. Jean-François n’ayant pas apporté avec lui ses photos, il devra revenir les porter le lundi suivant.

Jour 2- Lundi 10 septembre

Jean-François retourne à la banque afin de remettre ses photos. La demande d’ouverture de compte doit alors partir pour Bohicon, l’ÉcoBank « complète » la plus proche, située à 1 heures 30 minutes de route.

Jour 3 – Vendredi 14 septembre

Après 2 semaines sans nouvelles, Nicolas retourne à la banque parce qu’on commence à avoir besoin d’argent et que Modeste, l’agent, nous avait promis 3 jours pour l’ouverture du compte. Nicolas a alors toute une surprise en réalisant que notre dossier est encore sur son bureau : il n’est toujours pas parti pour Bohicon, puisqu’il manque la lettre de recommandation obligatoire pour l’ouverture de compte ainsi que la signature de Jean-François au dos du chèque de Mme Aho. Ici, il faut toujours endosser les chèques, même ceux fait à notre nom. Modeste ne nous avait pas prévenu, et il ne nous avait pas avertit que la lettre de recommandation trainait. En contactant Mme Aho, nous apprenons que la lettre arrivera ce week-end via l’Abbé Maximin, qui revient de Cotonou.

Jour 4 – Lundi 17 septembre

Jean-François se présente à la banque afin de signer le chèque et de donner la lettre de recommandation. Le dossier doit donc partir pour Bohicon.

Jour 5 – Mercredi 19 septembre

Nicolas et Jean-François décident de se rendre à la banque ensemble, histoire de ne plus perdre de temps si d’autres surprises surviennent. Toujours aucune liquidité dans le compte : le montant du chèque de Mme Aho n’est toujours pas disponible, et nous ne sommes même pas sûr que le compte est ouvert.

Jour 6 – Vendredi 21 septembre

Nouvelle visite, même résultat : toujours aucun développement. Le besoin d’argent se fait vraiment sentir : si les fonds ne sont pas déposés dans les prochains jours, nous ne pourront payer notre cuisinière pour qu’elle fasse le marché. Et comme les seuls moyens de retirer de l’argent à Savalou est par un compte personnel (hors de question pour le moment) ou par Western Union (qui demande des intérêts faramineux), nous allons avoir des problèmes plus sérieux bientôt…

Jour 7 – Lundi 24 septembre

Finalement, et heureusement, nous avons enfin notre argent ! En plus du chèque de Mme Aho, nous recevons aussi un transfert du Canada. Alors que nous jubilons à l’idée de pouvoir enfin retirer ces fonds si attendus, un autre problème se pose : nous ne pouvons retirer sans chéquier. Au Bénin, il faut se faire un chèque à soi-même afin de retirer de l’argent, autre information que Modeste avait omis de nous dire. Et comme vous l’aurez deviné, notre chéquier n’est pas disponible, il est en commande ! Heureusement, Modeste nous informe qu’il est en possession d’un chéquier de guichet, qui nous permettra de faire des retraits d’ici à ce qu’on reçoive nos propres chèques. On lui demande alors de retirer 500 000 F CFA, ce qui devrait être suffisant pour quelques temps. Après 3 heures et 30 minutes d’attente, on réussi finalement à voir la couleur de notre argent.

Jour 8 – Jeudi 27 septembre

En visite à Cotonou, on apprend qu’on a besoin de 1 419 000 Francs CFA afin payer le transitaire qui fera sortir le conteneur du port et l’amènera à Savalou. On se présente donc à l’ÉcoBank de Cotonou, toujours sans chéquier. Encore une fois, il faudra attendre plus de 2 heures avant de recevoir le montant.

Jour 9 – Lundi 1er octobre

De retour à Savalou, il est maintenant venu le temps de donner le second versement à l’entrepreneur. Jean-François se présente à la banque avec le chef de chantier pour lui donner le versement en espèces, puisque nous n’avons toujours pas notre chéquier. Une autre mauvaise surprise nous attend par contre : la banque à comme politique d’encaisser à Savalou que des chèques n’excédant pas 500 000 F CFA. Jean-François a réussi à avoir deux chèques, ce qui n’était malheureusement pas suffisant pour payer l’entrepreneur en totalité.

Jour 10 – Mardi 2 octobre

Dès le lendemain, Nicolas et Jean-François se présentent à la banque et spécifient à Modeste que nous avons besoin de cet argent afin de payer les ouvriers et les matériaux. On fini par lui soutirer 3 chèques de 500 000 F CFA chacun, ce qui, encore une fois, n’est pas suffisant.

Jour 11 – Mercredi 3 octobre

Nouvelle visite le lendemain : on se dit que si on est insistant il finira par céder et nous donner ce qu’on veut. Eh bien non, il ne nous donne que 2 chèques, ce qui vide son chéquier, mais ce n’est toujours pas suffisant. Modeste nous demande alors de bien vouloir attendre au vendredi avant de revenir : il devait trouver que les yovos étaient bien pressés.

Jour 12 – Vendredi 5 octobre

À notre quatrième visite de la semaine à la banque, nous pouvons finalement remettre le restant du versement au chef de chantier puisque Modeste a reçu un nouveau chéquier.

Jour 13 – Mercredi 10 octobre

De retour à Cotonou, on en profite pour retirer ce que nous aurons besoin à Savalou prochainement puisque nous n’avons toujours pas reçu notre chéquier. Arrivés à l’ÉcoBank, nous demandons un chèque de guichet, pour se faire dire après 25 minutes d’attente que notre compte n’a pas été bien ouvert et qu’il faut recommencer certaines formalités. Et pourtant, cela fait près d’un mois que toute cette histoire a débutée ! Avec tout ça, Nicolas a le temps d’aller chercher le diner à la boulangerie du marché, pour ensuite revenir à la banque et y manger avec Jean-François. Environ 2 heures et 30 minutes plus tard, la transaction est enfin effectuée. Par contre, une surprise n’attend pas l’autre : on nous informe que notre chéquier ne sera pas envoyé à Savalou puisqu’il ne s’agit pas d’une agence complète. Il faudra plutôt aller le chercher nous-mêmes à Bohicon, qui, comme nous le disions précédemment, est située à plus d’une heure de véhicule de Savalou.

Jour 14 – Mardi 16 octobre

Jean-François, sur sa moto toute neuve, se rends à Bohicon afin de récupérer le chéquier. Tout se déroule bien, pour la première fois dans cette histoire.

Jour 15 – Jeudi 25 octobre

Le mercredi 24 octobre nous vois tous réuni chez SYTO Bénin à Cotonou, pour une dernière rencontre avec l’entrepreneur (nous l’espérons) afin de régler les avenants (ajouts) au contrat. On lui fait deux chèques afin de régler les derniers montants, croisant les doigts pour que tout se passe bien avec ce chéquier tout neuf. Le jour suivant, notre chef de chantier, Flavien, nous appelles pour nous avertir que l’un des deux chèques a été refusé, pour cause de signature non valide. En effet, au Bénin la signature est d’une importance capitale. Elle est le sceau de tout document, la clé de tous les comptes. Elle est toujours complexe, parce que si copiée, elle ouvre toutes les portes à un voleur d’identité. N’ayant pas la même habitude au Québec, il est parfois difficile pour nous de signer deux fois de la même manière… Jean-François a eu la malchance de signer un chèque sur une table en résine de synthèse, et comme la signature est vérifiée à la loupe (ou presque), ils ont tout de suite vu une différence... mais pas nous ! Il a donc fallu aller retirer l’argent et la donner en main propre au chef de chantier, afin qu’il puisse effectuer les derniers achats pour le dispensaire avant son retour à Savalou.

Jour 16 – Lundi 5 novembre

Le projet se terminant bientôt, il fallait aller retirer l’argent restant dans le compte de banque. On a donc pu faire un premier retrait cette semaine-là. Le temps d’attente fut étonnamment plus court, aussi peu que 1 heure et 30 minutes !

Jour 17 – Lundi 12 novembre

Dernier retrait la semaine suivante, afin de laisser un peu de répit au pauvre Modeste. Le dernier franc a été retiré sans aucun problème, ce qui termine en beauté ce que nous appelons, depuis plus de deux mois maintenant, la saga de la banque. Dernière surprise par contre : des frais de 10 000 F CFA (environ 22 $) sont nécessaires pour la fermeture du compte… Désolé, mais pas pour nous ! Le compte restera ouvert, vidé du moindre franc.

Le parc national de la Pendjari : 100 % nature

Le dispensaire terminé et inauguré, l’équipe du PRÉCI 2007 a décidée de prendre une petite pause pour se ressourcer un peu… Quoi de mieux qu’un petit safari dans le nord pour se rapprocher de la nature sauvage du Bénin ?

La semaine du 26 au 30 novembre fut donc une escapade très intéressante mais… épuisante ! Après presque 5 heures d’autobus, l’équipe, accompagnée d’une amie française Sabrina Ostré, arrivait à Natitingou, l’une des plus grandes villes du nord.

Très tôt mardi matin, l’aventure commençait : départ en taxi, direction Boukombé et ses maisons traditionnelles, les tatas sombas. Le trajet paru long, pour deux raisons : la route en terre tapée n’était pas toujours belle, et le moteur de notre taxi ne démarrait que par compression ! Finalement arrivés à destination, notre guide, surnommé Émile Zola, nous amène visiter la radio locale, qui nous demande de dire quelques mots à l’antenne. Pourriez-vous deviner l’une des premières questions qui nous fut posée ? « Mais à quand un projet du PRÉCI à Boukombé ? ».

La nuit tombée, nous nous dirigeons vers ce qui sera notre demeure pour la nuit : la tata somba. Cette habitation en terre compressée est renforcée par de grandes branches. Le tout a une forme arrondi, et comporte plusieurs pièces. L’intérieur sert de cuisine, d’espace de travail et d’abri pour les animaux. Par la cuisine, il est possible de monté sur le toit, qui fait office de chambre pour toute la famille. C’est donc à cet endroit, à la belle étoile, que nous avons dormi. Sur des tapis de sol pour ceux qui en avaient, sur des nattes pour les autres. Un seul mot pouvait décrire l’installation : inconfortable.

La tata somba : demeure traditionnelle
La tata somba : demeure traditionnelle

La première chose à laquelle on pense lorsqu’on dit Afrique, c’est la chaleur intense. Et, à première vue, cette idée est exacte. Par contre, qui aurait cru qu’à une certaine période de l’année au Bénin, les nuits sont fraîches ? Ou, plutôt, froides ? Pas nous. Alors nous n’étions pas préparés pour la nuit qui nous attendait. Frissons et grelottements étaient au rendez-vous pour tous, et la méthode du cocon fut bien utilisée par Sébastien …

La nuit sur la tata : dure et froide
La nuit sur la tata : dure et froide

De retour à Natitingou le mercredi, nous accueillons nos deux amies québécoises, Marie-Michèle et Janike, arrivées au Bénin il y a un peu plus d’un mois, également partenaires de SYTO Bénin. Très tôt le jeudi matin, tout ce beau groupe se met en route pour le parc de la Pendjari, où nature et animaux sauvages nous attendent. Notre véhicule est cette fois plus adapté, et le safari de 2 jours fut une belle réussite. Le paysage magnifique nous captivait, et les nombreux animaux rencontrés nous motivaient à poursuivre le périple sous le soleil ardent. Notre seule déception fut de ne pas voir de félins, mais notre rencontre avec les éléphants fut assez extraordinaire !

Nous avons vu beaucoup de gazelles
Nous avons vu beaucoup de gazelles

Le buffle était plus discret, mais quand même impressionnant
Le buffle était plus discret, mais quand même impressionnant

La première rencontre avec des éléphants. La seconde fut plus mouvementée !
La première rencontre avec des éléphants. La seconde fut plus mouvementée !

Magnifique couché de soleil dans le parc
Magnifique couché de soleil dans le parc