Ça prend forme !
Par l'équipe du PRÉCI 2007, samedi 29 septembre 2007 à 03:07 :: Général :: #21 :: rss
Nous ne sommes qu’au jour 12 du chantier que déjà la silhouette du dispensaire commence à prendre forme. Difficile de cacher notre fierté devant ces premiers blocs qui donneront vie au dispensaire! Vraiment splendide! Mais pour mieux apprécier l’état actuel des travaux, quoi de mieux qu’un petit retour en arrière…
Après la matinée du lundi 10 septembre consacrée à la cérémonie d’ouverture du chantier, le travail a d’abord consisté à achever le défrichage du terrain. Avec la production des agglomérés de béton, communément appelés blocs de maçonnerie, qui s’effectuait en parallèle, l’excavation des fondations a ensuite été réalisée.
Ainsi, deux jours de creusage au pic et à la pelle ont été nécessaires pour réaliser 115 mètres de fondation d’une profondeur variant entre 60 et 120 cm selon les endroits. Considérant le soleil de plomb qui régnait sur le chantier, on ne peut qu’affirmer que ces travailleurs béninois ont du cœur au ventre. Et cette manière élémentaire de réaliser le creusage est incontournable, puisqu’ici, au Bénin, la machinerie est quasi inexistante. À l’exception du transport des matériaux au chantier, tout s’effectue avec la force humaine. Les outils rudimentaires, peu nombreux et usés sont aussi une autre réalité caractéristique des chantiers béninois. Une illustration frappante de cette situation est le fait que nous avons été contraints à acheter nos propres pic et pelle pour pouvoir travailler ! Et que dire du fait que les employés amènent leurs outils à chaque matin et qu’ils travaillent en sandales ou carrément nus pieds ?
Le creusage complété, la prochaine étape a été le déversement du béton de propreté dans le fond des travées de fondation. Une fois durci, le béton de propreté est prêt à recevoir la semelle filante et son armature. Comme nous pouvons voir sur la photo suivante, Gabriel et Nicolas sont en train de fabriquer l’armature qui ira dans la semelle filante, c’est-à-dire une couche de béton qui ne contient pas de gravier.
Plusieurs rangées de blocs de maçonnerie pleins seront ensuite posées afin d’élever la fondation hors du sol. Moulés trois jours avant la pose afin qu’ils durcissent adéquatement, quelques 1000 blocs pleins auront été nécessaires. Mais avant la pose, l’étape du transport! Comme chaque bloc fait 15 kg, laissez-nous vous dire que nos bras ont enflés à la fin des nombreuses heures consacrées à leur transport.
La fondation s’est achevée avec le chaînage bas, une couche de béton armé, d’une épaisseur de 15 cm, offrant à la fois une solidité supplémentaire à la fondation ainsi qu’une prise pour l’armature des colonnes.
Aussitôt la fondation complétée, l’érection des murs a alors pu démarrer. Pour une question d’économie, les blocs constituant les murs sont creux, c’est-à-dire qu’ils possèdent des cavités réduisant la quantité de béton utilisée. Toujours de pair avec l’équipe de travailleurs béninois, nous avions comme tâche d’alimenter le maçon, comme le fait ici à merveille notre cher Sébastien.
Jusqu’à maintenant, nous respectons notre budget ainsi que l’échéancier fixé. Mais n’allez pas croire que tout roule comme nous aurions pu nous y attendre. Manque de matières premières (sable, gravier et fer), mauvaises estimations, manque d’outils de travail et manque de main-d’œuvre sont toutes des raisons qui ont retardé momentanément le chantier. Ainsi, nous nous tâchons d’assurer un suivi plus serré quant à la gestion du chantier. Nos observations des méthodes de gestion à l’africaine nous font souvent lever les yeux au ciel… vive le choc culturel!
Depuis quelques semaines déjà vous entendez parler du dispensaire… mais jamais vous n’avez vu à quoi il allait ressembler. Voici donc le moment de dévoiler ce qui sera bientôt réalité : le dispensaire de Savalou, gracieuseté du PRÉCI 2007 !
Cliquez sur le plan pour en avoir une plus grande version.
Les à-côtés
À travers ce périple, l’achèvement du projet de construction du dispensaire est sans contredit notre priorité. Toutefois, nous venons également ici dans le but d’enrichir notre bagage culturel. Ainsi, durant un après-midi où la chaleur était accablante au chantier, nous avons fini de travailler plus tôt qu’à l’habitude afin d’approfondir un volet très important du projet : la rencontre des populations locales.
Nous croyons qu’il est important de tisser des liens avec les futurs bénéficiaires du dispensaire. Ainsi, nous sommes partis à vélo afin de découvrir les habitants du village le plus près, celui de N’gbehan. Après deux tentatives infructueuses où nous nous enfoncions dans des milieux reculés en espérant aboutir sur un amas de cabanes, nous avons finalement été orientés dans la bonne direction par un aimable paysan. Il faut savoir qu’ici les indications routières se font rares. Les rues ne portent pas de nom, et dans ce cas-ci le village n’est même pas indiqué sur la route principale y donnant accès. Étant donné qu’il n’y a pas d’adresses, les béninois s’orientent à l’aide de points de repères. À titre d'exemple, pour se rendre à notre maison, il faut prendre la rue de l’hôpital, passer l’école primaire et tourner à gauche au coin où se trouve la menuiserie. Ensuite, il suffit de traverser la marre de boue et notre maison sera la 2e à votre droite. C’est simple, n’est-ce pas?
Pour en revenir à notre escapade, nous nous sommes faufilés discrètement à travers les habitations sans être remarqués par les villageois. Toutefois, notre arrivée au cœur de la communauté fut beaucoup moins subtile. Les seuls blancs à des kilomètres à la ronde! Les gens étaient rassemblés au pied d’un arbre afin de profiter de sa couverture pendant qu’ils s’affairaient à la préparation de la farine de manioc, un ingrédient à la base de leur alimentation.
Lorsqu’ils nous ont aperçus, leurs regards intrigués se sont posés sur nous et des enfants ont commencés à arriver de toute part. Nous nous sommes donc approchés afin de nous présenter et de discuter avec eux. Malheureusement, la barrière de la langue a ralenti nos démarches. Étant donné que les citoyens parlaient presque exclusivement en Fongbe et que nos connaissances sont plutôt limitées dans ce dialecte, nous avons dû attendre l’arrivée d’un interprète francophone. Ainsi, nous avons échangé avec les villageois et surtout amusé les nombreux enfants à l’aide de nos appareils photos. Ils étaient abasourdis de voir leur image à l’écran de l’appareil. Nous avons donc poussé leurs découvertes encore plus loin en leur présentant un enregistrement vidéo alors qu’ils entonnaient une chanson typique. Lorsqu’ils ont réalisé qu’en plus de l’image ils pouvaient entendre les voix enregistrées, ce fût l’hystérie à travers le groupe d’enfants fascinés par la rencontre des blancs. Pour nous également, le contact avec les populations est toujours très plaisant et enrichissant. Ainsi, nous nous sommes promis d’aller à la rencontre des habitants des autres villages environnants.
Au fil du temps, nous en apprenons aussi plus au sujet de l’abbé Maximin et de son projet pour les orphelins, dans lequel notre dispensaire s’insère. À titre d’exemple, nous avons dernièrement visité une ferme de 9 hectares appartenant à l’abbé. Sur ce site, presque exclusivement géré par une jeune femme, on y pratique l’agriculture et l’élevage de lapins, de poulets et de cochons. Toute la production de la ferme, encore toute jeune, est directement distribuée dans les maisons où logent les orphelins. Cette visite nous a permis de discuter avec l’abbé et les gens travaillant avec lui. Ainsi, nous sommes en mesure de mieux cerner l’ampleur de son travail avec les enfants. Près de 65 orphelins sont présentement logés, nourris et éduqués grâce à l’action de l’abbé. Le fait que notre dispensaire s’inscrive dans ce plus vaste projet est pour nous source de fierté.
Commentaires
1. Le samedi 29 septembre 2007 à 03:57, par JF PRECI 2007
2. Le samedi 29 septembre 2007 à 20:46, par Louise B
3. Le dimanche 30 septembre 2007 à 09:50, par Patricia
4. Le dimanche 30 septembre 2007 à 17:45, par Geneviève P
5. Le lundi 1 octobre 2007 à 11:02, par Martin Minville
6. Le mardi 2 octobre 2007 à 14:39, par Marie
7. Le mercredi 3 octobre 2007 à 06:22, par annie s
8. Le vendredi 5 octobre 2007 à 19:38, par Sabrina D
9. Le samedi 6 octobre 2007 à 18:17, par Emilie
10. Le mardi 9 octobre 2007 à 13:36, par Patricia
11. Le mercredi 10 octobre 2007 à 15:29, par Iza 1000r
12. Le samedi 20 octobre 2007 à 15:53, par Pat
13. Le mardi 4 décembre 2007 à 10:28, par Walter
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