Si on continue vers le centre-ville, nous trouverons le marché. Composante importante de la communauté béninoise et africaine, le marché n’est pas seulement un lieu où l’on y vend des légumes. En fait, tous les produits peuvent y être trouvés… suffit d’avoir un bon guide! Ainsi, il peut se comparer à un immense centre d’achat non structuré dans lequel les kiosques de vente et l’allée de passage peuvent parfois se confondre. Selon nos observations, celui-ci est davantage un lieu de socialisation que de vente de marchandises. En effet, nous avons rarement aperçu des transactions, alors que les gens discutent presque toujours avec leur collègue ou leur voisin. Les couleurs éclatantes des légumes ou autres objets mis en vente s’harmonisent à merveille avec la trame rouge-brun des kiosques et du sol.

Autre aspect ludique du paysage béninois : le covoiturage extrême! Et croyez-nous, nous n’exagérons pas du tout. Pour l’avoir nous-mêmes fait et l’avoir observé dans presque tous les véhicules, la pratique de la « surcharge » automobile est plus que courante, c’est tout simplement la norme. À l’heure actuelle, le record est détenu par un camion de la taille d’un « Econoline », daté environ de 1985, qui contenait 19 personnes ! Cela est sans parler de la hauteur des bagages attachés sur le toit du véhicule qui peut parfois faire de deux à trois mètres. Disons que l’on est loin de l’homme d’affaires qui roule seul dans son 4 x 4 de l’année…




Escapades touristiques

Devant l’absence temporaire du responsable du projet de complexe « social » dans lequel s’inscrit notre dispensaire, nous avons dû retarder notre arrivée en terrain savalois. Ainsi, pour meubler le temps libre créé, nous en avons profité pour faire un peu de tourisme, histoire de mieux connaître notre pays d’accueil.

Nos visites nous ont amené, entre autres, à visiter quelques musées. Notons le Musée da Silva à Porto-Novo, capitale politique du Bénin, et le Musée national à Lomé, capitale du Togo, pays voisin du Bénin. De ces deux établissements nous avons pu en apprendre plus sur la traite négrière (commerce des esclaves), qui a frappé de plein fouet ces deux pays. Les empires de l’époque, tels la France, la Grande-Bretagne et le Portugal, avaient alors établi des forts dans les villes portuaires du Dahomey (qui anciennement regroupait le Togo et le Bénin actuel). Ceux-ci devaient faciliter l’achat et permettre l’entassement des futurs esclaves qui seraient obtenus contre des pacotilles (bijoux et autres). Une fois un bon nombre d’esclaves réunis, ceux-ci étaient forcés à marcher enchaînés jusqu’à la rive, sur ce qu’on appelle aujourd’hui « La route des esclaves ». À Ouidah, une des grandes villes historiques du Bénin, une telle route existe, et à son extrémité est érigée une porte nommée « Porte du non-retour », par où traversait les esclaves avant de s’embarquer dans les vaisseaux anglais, français ou portugais.

Nos visites ont souvent eu une valeur éducative intéressante. Prenons l’exemple du centre Songhaï. Il s’agit d’un centre de formation et de production agricole de 16 hectares situé en bordure de la capitale politique du Bénin, Porto-Novo. En plus de ses nombreuses plantations magnifiques, la beauté de ce centre émane de son concept d’intégration entre les différentes espèces animales et végétales. Ainsi, les excréments d’une espèce peuvent servir de nourriture à une autre et ainsi éviter au maximum le besoin d’apport en intrant chimique . Ce centre est sans l’ombre d’un doute un symbole de réussite, et ce, autant sur les plans environnemental, social et qu’économique. Longue vie au Centre Songhaï et espérons qu’il fasse des petits!

On ne peut pas passer sous silence les autres attraits touristiques que nous avons visités. Prenons par exemple Grand-Popo, ville située près de la frontière avec le Togo. Sa réputation dans la région n’est pas à discuter : elle est bordée de plages de sable à perte de vue, et les puissantes vagues de l’océan Atlantique viennent s’y échouer de façon majestueuse. Gare aux baigneurs par contre, le courant ayant vite fait d’emporter les plus téméraires qui s’éloignent trop des berges ! Le pays n’étant pas un endroit touristique réputé, très peu de visiteurs étrangers s’y aventurent. Pourtant, les attraits de ces plages pourraient facilement rivaliser avec les plus populaires de ce monde. Point positif de cette réalité : il y a plus de place pour nous !

Notre visite à Ouidah, ville des esclaves, nous a aussi amené au fameux Temple des pythons. Cette courte visite nous a permis d’en apprendre plus sur ce culte dédié au roi serpent. Dans l’enceinte du Temple, nous pouvons y trouver les huttes des pratiquants, la voute des pythons ainsi que le temple lui-même, bordé d’un arbre trois fois centenaire. Une ouverture pratiquée sur le côté du temple nous permet d’y faire des demandes, ou des souhaits, que nous souhaiterions voir réalisés. Il faut faire attention cependant, nos demandes ne doivent pas avoir d’aspects négatifs… La plus grande attraction du Temple, sans contredis, est la possibilité de faire connaissance avec de vrais pythons. Chaque membre de l’équipe a donc, à tour de rôle, laissé le guide déposer un python sur leurs épaules. Aucun danger cependant, les pythons étant une espèce qui ne s’attaque pas à l’homme et ne possède aucun venin… Surprise du côté de Gabriel, qui s’est amusé comme un petit fou avec le python !