Les préparatifs à la construction du dispensaire occupent la majeure partie de notre temps. Samedi avait lieu une rencontre avec notre ONG-partenaire et l’entrepreneur chargé de la construction. Cette rencontre fut extrêmement positive. Plusieurs éléments furent discutés, dont les sujets les plus chauds sont : les matériaux de la structure, la toiture, la toilette à compost, le budget et l’échéancier des travaux.

De plus, nous avons pu partir à la découverte de Cotonou, une ville éclectique où règne une circulation motorisée dense, une piètre qualité de l’air et des vendeurs itinérants à tous les coins de rue. Ces derniers sont partout, et vendent de tout : pain, fruits, poisson fumée, ceintures, lunettes, fer à repasser, horloges, et même des chiens ! Si vous voyiez le trafic et la façon de conduire des béninois ! Il n'y a que le dimanche où la conduite peut s’effectuer sans avoir constamment l’impression qu’un accident est imminent …

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De ce fait, nos déplacements s’effectuent en minibus conduit par un béninois expert dans l’art d’affronter cette jungle urbaine. Les rues, pavées ou bitumées, mais toujours sales et pleines de trous, sont peuplées d'une quantité phénoménale de zem. Les zem sont de petites motos servant de taxi. Leur conducteur est vêtu d'une chemise jaune, et est un vrai acrobate de la route ! Il n'est pas rare de voir une vingtaine de zem massée à un coin de rue, attendant de pouvoir se faufiler entre les voitures, les trottoirs et les marchands ambulants. Nous devons également admettre que Cotonou est une ville plutôt sale, du fait que plusieurs quartiers n'ont pas de service d'éboueurs.

La faune à Cotonou est assez spéciale. Pas seulement parce qu'on y voit des animaux exotiques, mais aussi parce qu'on peut y apercevoir des animaux bien ordinaires, dans des endroits hors de l'ordinaire (pour nous en tout cas). Par exemple, une grenouille dans le sable, ou des poules et des chèvres en pleine rue, se faufilant entre les voitures et les zem... Du côté plus exotique, notons les nombreux lézards, de toutes les couleurs, qui se promènent sans relâche dans le sable de notre hôtel, ou même dans nos chambres...

Puisqu’il est sujet du sable, samedi nous sommes allés visiter quelques plages avec Brice, un employé de SYTO Bénin. Peu fréquentées, l’océan y apporte des vagues impressionnantes que peu de gens se risque à affronter… En effet, le courant marin peut facilement emporter au large ceux et celles qui s'aventurent trop loin, et la pollution y est maître. Tous ces détritus proviennent des résidents et de la lagune, petite rivière traversant la ville depuis le lac au nord de Cotonou. La ville y déverse ses égouts, et de nombreux déchets s'y retrouvent aussi... Ainsi, la plage ne peut servir qu’à se réchauffer les pieds…

D’une beauté incontestable, l’art africain s’exprime sous plusieurs formes et nous apparaît grandement développé, comme l'a démontré notre visite de samedi au Centre de promotion artisanale. Nous y avons passé deux heures pour visiter les nombreuses boutiques en forme de huttes où les artisans exposent et vendent leur art. Tous les objets traditionnels et même plus nous y attendait : masques, tam-tam, colliers, figurines, porte-bonheur (grigri), chapeaux, peinture sur jute, broderie... Un délice pour les yeux, mais un enfer pour le porte-feuille ! Chacun des artisans nous invitait personnellement dans leur hutte et nous expliquait la signification de tous les objets auquel nous portions la moindre attention. Il faut les comprendre, nous étions peut-être leur seuls clients de la journée, et leur seul moyen d'avoir un repas plus tard. Mais le jeu de la négociation, omniprésent au Bénin, est obligatoire et assez exigeant. Souvent nous décidions de négocier tout en sachant très bien que nous n'allions pas acheter. Mais cela montrait à l'artisan que nous portions attention à son art, alors nous jouions le jeu pour parfois se laisser tenter...

L’adaptation à notre nouvel environnement s’accomplit avec le sourire. Le premier défi auquel nous devons faire face : le climat. Au Bénin, la chaleur est intense et l’humidité comparable à celle d’une journée typique au Québec. Très rapidement dans la journée, les vêtements se collent à la peau, notre transpiration est abondante et le soleil tape fort ! N’est-ce pas Nic ? Mais voilà, qui dit pays chaud, dit ami nocture…

C’est ainsi qu’une petite surprise attendait Nicolas et Jean-François samedi soir dans la salle de bain : une belle coquerelle s’enfuyant dans la chambre de Charles et Sébastien! La nourriture constitue aussi son lot d’originalité et d’incertitude. Ainsi, lorsqu’on commande un poisson, on ne s’attend pas à le retrouver au complet dans son assiette ! Somme toute, nous devons admettre que la bouffe est bonne et nous avons hâte et de voir ce que celle de Savalou nous réserve…